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Stage à l'étranger : le guide complet pour étudiants

Faire son stage à l'étranger est l'une des expériences les plus formatrices d'un cursus universitaire ou de grande école. Cela combine l'apprentissage professionnel avec l'immersion culturelle et linguistique. Mais l'organisation administrative peut sembler un labyrinthe : convention de stage, visa, logement, assurance, financement. Ce guide démêle tout pour vous, étape par étape.

La convention de stage : indispensable et protectrice

En France, tout stage d'un étudiant dans le cadre de sa formation est obligatoirement encadré par une convention tripartite signée par l'étudiant, l'établissement d'enseignement et l'organisme d'accueil. Cette convention est protégée par le Code de l'éducation (articles L124-1 et suivants). Sans convention, le stage n'est pas légal.

Pour un stage à l'étranger, la convention est la même — mais elle devra souvent être traduite dans la langue du pays d'accueil ou accompagnée d'une traduction certifiée. Certains établissements proposent des conventions bilingues standardisées. Renseignez-vous auprès de votre service des relations internationales.

La convention précise : la durée du stage, les missions confiées, la gratification (obligatoire au-delà de deux mois en France, variable selon la législation étrangère), les congés, la couverture sociale et la propriété intellectuelle des travaux réalisés.

ERASMUS+ : le programme européen de référence

ERASMUS+ est le programme de l'Union Européenne qui finance les mobilités étudiantes dans les 27 pays de l'UE ainsi que dans les pays partenaires associés (Turquie, Islande, Norvège, Macédoine du Nord, Serbie, etc.). Il couvre à la fois les mobilités d'études et les mobilités de stage.

Pour un stage ERASMUS+, vous devez trouver vous-même l'entreprise ou l'organisation d'accueil (votre établissement ne place pas les étudiants). Une fois l'accord obtenu, vous faites une demande de bourse auprès de votre coordinateur ERASMUS local. La bourse varie selon les pays : environ 400 à 700 euros par mois pour les pays à coût de vie élevé (Suède, Danemark, Irlande, Pays-Bas), 300 à 500 euros pour les pays à coût moyen.

La bourse ERASMUS+ est cumulable avec votre bourse CROUS. Elle n'est pas imposable. Elle ne couvre pas intégralement les frais de vie dans les grandes capitales européennes mais constitue une aide substantielle. Postulez au moins six mois avant votre départ — les places sont limitées et les dossiers sont traités par ordre de priorité.

L'OFQJ pour les stages au Canada

L'Office Franco-Québécois pour la Jeunesse (OFQJ) soutient les stages et projets professionnels des jeunes français au Québec. Il propose des bourses de mobilité, des programmes sectoriels (tech, culture, agriculture, etc.) et un accompagnement administratif. Les critères d'éligibilité varient selon les programmes mais incluent généralement d'avoir entre 18 et 35 ans et d'être en cours d'études ou jeune diplômé.

L'OFQJ a un homologue côté franco-canadien (LOJIQ) qui propose des opportunités similaires pour découvrir d'autres provinces que le Québec. Consultez les sites officiels pour les appels à candidature annuels.

Le VIE : stage très qualifiant pour les bac+3 et plus

Le Volontariat International en Entreprise (VIE) n'est techniquement pas un stage mais une forme de service civique professionnel, géré par Business France. Il est réservé aux ressortissants européens âgés de 18 à 28 ans, titulaires d'un bac+3 minimum (ou en fin de cursus master, selon les entreprises).

Le VIE dure de 6 à 24 mois et se déroule dans une filiale ou un partenaire d'une entreprise française à l'étranger. L'indemnité mensuelle est fixée par Business France selon le pays d'affectation : 1 400 euros au Maroc, 1 900 euros en Espagne, 2 800 euros aux États-Unis, 3 200 euros en Australie. Cette indemnité est exonérée d'impôts en France. Le VIE inclut aussi une couverture sociale complète et un forfait logement ou hébergement fourni par l'entreprise dans de nombreux cas.

Pour trouver un VIE, consultez la plateforme Mon VIE sur le site de Business France. Les offres sont publiées par les entreprises. Déposez votre profil, répondez aux annonces qui correspondent à votre formation et passez les entretiens. Le délai entre la candidature et le départ est souvent de trois à six mois.

Le visa de stage : une démarche à ne pas négliger

Dans l'Union Européenne, pas de visa nécessaire pour les ressortissants français. En dehors de l'UE, les démarches varient considérablement selon les pays.

Au Canada : le Programme de mobilité internationale (PMI) permet aux étudiants français de travailler ou de faire un stage au Canada avec un permis de travail ouvert. Ce permis s'obtient avant le départ, la procédure prend 4 à 8 semaines.

Aux États-Unis : le visa J-1 (Exchange Visitor) est le visa standard pour les stages. Il nécessite un sponsor (organisation agréée par le Département d'État américain) qui peut être votre établissement ou un organisme intermédiaire. Les frais de sponsoring varient de 200 à 1 000 dollars selon l'organisme. À lire aussi : destinations dog-friendly en France.

En Australie : le visa de vacances-travail (Working Holiday Visa, sous-classe 462) permet aux ressortissants français de 18 à 30 ans de travailler et étudier en Australie jusqu'à 12 mois. Ce visa très souple est compatible avec un stage.

Pour tout autre pays, renseignez-vous auprès de l'ambassade ou du consulat du pays de destination au moins trois mois avant le départ.

L'assurance pour un stage à l'étranger

La couverture assurance est un point crucial souvent sous-estimé. Plusieurs éléments doivent être couverts : responsabilité civile professionnelle, soins médicaux et hospitalisation, rapatriement sanitaire, accidents du travail.

En Europe, la CEAM (Carte Européenne d'Assurance Maladie) assure les soins urgents dans les mêmes conditions qu'un assuré local. Pour les soins programmés, une assurance complémentaire est recommandée.

Hors Europe, une assurance spécifique est indispensable. La convention de stage de votre établissement peut inclure une couverture de base. Vérifiez-la attentivement et complétez-la avec une assurance voyage si nécessaire. Les assureurs spécialisés (ACS, Chapka, Mondassur) proposent des formules stage à l'étranger adaptées, à partir de 30 à 50 euros par mois selon la destination.

Les accidents du travail à l'étranger : en principe, votre stage reste rattaché au régime de protection sociale français si vous êtes couvert par la convention. Renseignez-vous auprès de la CPAM de votre domicile pour le formulaire de détachement (S1 ou formulaire spécifique).

Le logement : la galère internationale

Trouver un logement pour un stage de courte durée (2 à 6 mois) à l'étranger est souvent la partie la plus stressante de l'organisation. Voici les options les plus courantes selon le profil du séjour.

Résidences universitaires partenaires : si votre établissement a un accord avec une université étrangère, des chambres en résidence étudiante peuvent être disponibles. C'est la solution la plus simple et souvent la plus économique. Demandez à votre service des relations internationales.

Colocation : trouver une colocation via des groupes Facebook locaux, des sites comme Idealista (Espagne, Italie, Portugal), Wg-Gesucht (Allemagne), Appartager (France) ou le forum expat.com. Préférez les villes avec des communautés d'étudiants internationaux importantes pour une recherche plus facile.

Airbnb et locations courte durée : pratique pour les premières semaines le temps de trouver mieux, mais coûteux sur la durée. Négociez un tarif mensuel si vous restez plus d'un mois.

Hébergement fourni par l'employeur : de nombreuses grandes entreprises et certaines startups proposent une aide au logement ou un hébergement direct pour leurs stagiaires étrangers. Posez la question dès l'entretien.

L'administration avant le départ : checklist

Convention de stage signée par les trois parties. Visa ou permis de travail obtenu si nécessaire. Assurance voyage souscrite couvrant toute la durée. Compte bancaire international sans frais (Revolut, N26, Wise — indispensables pour éviter les commissions sur les retraits et paiements à l'étranger). Notifier la CAF et la CPAM de votre départ pour régulariser les aides éventuelles. Souscrire à la CEAM si vous allez en Europe. Emporter un double de tous les documents importants (passeport, convention, assurance, contact employeur) en format numérique sur un cloud sécurisé.

Valoriser son stage à l'étranger sur son CV

Un stage à l'étranger se valorise en précisant le contexte international : la langue de travail, la taille de l'équipe internationale, les missions spécifiques liées à la dimension cross-culturelle. Ne dites pas simplement "stage en marketing à Londres" mais "stage de six mois en marketing digital dans une startup fintech londonienne de 80 personnes, équipe internationale, langue de travail : anglais, missions : gestion de campagnes Google Ads et content marketing pour le marché UK".

Les compétences linguistiques acquises sont aussi à documenter précisément. Si votre niveau d'anglais était B2 avant et C1 après, c'est un indicateur concret de progression. Passez le TOEIC ou l'IELTS à votre retour pour objectiver cette progression avec un score certifié.

Discussion (5 réponses)

L
LucasErasmus
Member
Joined: Jun 2024Posts: 109
12 mars 2025#2
Super guide ! Question : est-ce que la bourse ERASMUS+ pour un stage est différente de celle pour les études ? Les montants sont les mêmes ?
S
SophieExplore
Member
Joined: Jun 2024Posts: 53
13 mars 2025#3
Le visa J-1 aux US c'est vraiment compliqué à obtenir seul, je recommande de passer par votre bureau des relations internationales qui a souvent des contacts avec des sponsors agréés.
C
CamilleVE
Member
Joined: Feb 2020Posts: 109
15 mars 2025#4
Pour le logement à Londres ou Amsterdam, prévoyez large : 700 à 900€ minimum pour une chambre en colocation. La bourse ERASMUS ne couvre pas tout dans ces villes.
M
MarineBudget
Member
Joined: Sep 2021Posts: 156
17 mars 2025#5
Revolut est vraiment indispensable pour les stages à l'étranger, j'ai économisé facilement 30€ par mois en frais bancaires par rapport à ma banque traditionnelle.
A
AlexisBudget
Member
Joined: Feb 2020Posts: 25
19 mars 2025#6
Pour le VIE, n'attendez pas d'être diplômé pour postuler. Certaines entreprises contactent les étudiants dès le M1 pour des départs après le M2. Candidatez tôt !
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